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Le chevalier cactus | Kasey J. S.

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Âge : 23 ans
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Date d'inscription : 31/08/2012

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MessageSujet: Le chevalier cactus | Kasey J. S.   15.09.12 23:26

Anastase Steffens s'immobilisa net, clignant des yeux d'un air confus. Il hésita un instant sur l'attitude à adopter, fit quelques pas hors de la pièce, entra de nouveau. Rien n'avait changé. Bien. Il s'agissait maintenant de respirer lentement, de lutter contre la sourde irritation qui grandissait en lui, et de se poser la bonne question.

Était-il encore sur la navette ?

Car il fallait admettre que, face au bataillon de verdure qui l'entourait, il était en droit de s'interroger.

Laissant glisser à ses pieds l'imposant sac de voyage qui l'avait accompagné durant son périple en Russie, et qui, ses affaires étant restées chez lui, représentait la totalité de ses biens, le jeune homme s'accorda un profond soupir de désespoir. Il s'agissait de récapituler.

Sitôt monté à bord de la navette du commandant Born, son premier réflexe, une fois délivré des formalités, avait été non pas de localiser sa chambre, mais de trouver un endroit où se restaurer. Il s'était renseigné le plus aimablement possible, on lui avait clairement conseillé d'aller à gauche, puis tout droit. Il était donc parti à droite et avait errer dans les couloirs pendant un temps fou.

Ce qui, sans doute, expliquait sa présence en un lieu qui ne ressemblait ni de près ni de loin à une cantine. Mais qui, en revanche, n'expliquait pas celle d'une végétation suspecte dans l'enceinte d'un vaisseau spatial.

Las et énervé, Anastase dut reconnaître l'évidence : il n'était pas près de manger.

Ce fut sur cette savante constatation qu'il fit volte face, saisissant son sac, et jetant un ultime regard au jardin, non sans se demander qui était l'abruti qui avait eu l'idée saugrenue de faire pousser des plantes ici. Des plantes... si vertes... Anastase aimait sincèrement le vert, il fallait bien l'avouer. Il aimait le vert, mais il était surtout dangereusement affamé, et il lui fallait quitter au plus tôt ce paisible endroit... paisible... et si silencieux...

Oh, après tout, il pouvait bien rester encore un peu. Il mourrait peut-être de faim, mais il mourrait heureux.

C'est ainsi que, toute contrariété envolée, il pénétra en terre inconnue d'un pas enthousiaste, tel un enfant qui explore une aire de jeu pour la première fois. Ce qui, en vérité, était un peu le cas. Il recherchait un endroit calme. Calme et isolé. Un lieu dans lequel, à l'abri de la vue de tous, il pourrait à l'avenir s'adonner en toute quiétude à la fabuleuse pratique du tricotage, bercé par une atmosphère verte et apaisante. N'était-ce pas une idée particulièrement réjouissante ? Il se félicitait de l'avoir eu, et également de s'être perdu ! Pour un peu, il en aurait presque souri.

Tout aurait donc pu se passer pour le mieux. Malheureusement, ce ne fut pas un tel recoin paradisiaque qu'il découvrit, en contournant l'arbuste qui, depuis l'entrée, l'empêchait de voir la totalité du jardin, mais la silhouette d'un individu probablement humain. Une silhouette qui n'avait rien, mais absolument rien de vert.

Et là, ce fut le drame. Parce que lorsqu'il n'était pas nourri, Anastase n'était pas, mais alors pas du tout d'humeur à tolérer la présence d'une autre entité douée de parole que lui et qui, de surcroit, jurait affreusement avec le paysage. D'un pas furieux, il se rua vers elle. Il était hors de question que son exploration des lieux soit ruinée par l'apparition d'un sinistre gueux, et il comptait bien lui dire sa façon de penser. On n'avait pas idée de se dresser ainsi sur le chemin des honnêtes gens !

    - Vous ! Vous êtes...

Essoufflé, le visage rouge de colère, il pointa vers l'inconnu un doigt accusateur, sentant une réplique tranchante naitre au bout de ses lèvres.

    - Vous êtes … vous êtes quelqu'un.

Et ce fut tout.

Après cette étonnante et brillante démonstration de l'évidence, Anastase aurait pu se fendre d'un discours. Il n'en fit rien et, calmement, se contenta de dévisager son interlocuteur, le regard lourd de reproches. Comme si, pour lui, être un homme au milieu des plantes en disait déjà long.
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